Alors que des souliers en cuir étaient distribués dans les premières années, les détenus devaient, plus tard, souvent porter des galoches appelées « hollandaises ». Eugen Kogon, historien et survivant de Buchenwald, se souvient : « La question des chaussures était particulièrement catastrophique, et un grand nombre de camarades, surtout ceux auxquels on avait attribué des chaussures à semelles de bois, ne pouvaient presque plus marcher au bout de quelques jours. Ceux qui recevaient les ‘galoches hollandaises’ étaient les plus mal servis. Quand on n’y était pas habitué, quand on n’avait ni chaussettes, ni chaussettes russes, on avait les pieds blessés par les arêtes en bois et l’on ne pouvait pas marcher, encore moins de courir. » (Eugen Kogon, L’État SS. Le système des camps de concentration allemands, Paris, Points, 1964 [Éditions de la Jeune Parque, 1947], p. 77).